Espace publicitaire

Pas de bébé en temps de crise!

23 mars 2026 - Simone Caron iconfb iconth iconbs iconred

Voulez-vous des enfants? La question est complexe. Ajoutez la dimension climatique, et elle devient carrément existentielle.

Au Québec, le quart des jeunes entre 13 et 28 ans n’envisagent pas de devenir parent. Pourquoi? La moitié pointe du doigt la crise climatique.

Moins d’enfants, moins de pollution? Le sujet est délicat. Car oui, chaque nouvelle naissance implique plus de ressources, de CO₂ et d’espace utilisé. La planète pourra-t-elle supporter encore longtemps une population en croissance?

Crédit : © iStock / mrPliskin

En 2017, une étude suédoise soutenait que la meilleure manière de réduire son empreinte écologique était d’avoir un enfant en moins. Plusieurs spécialistes ont critiqué cette conclusion. Entre autres, l’étude ne tenait pas compte du mode de vie des parents ni de l’essor des énergies renouvelables.

Car le vrai problème, c’est plutôt la consommation insoutenable du monde occidental. Au Canada, un seul individu émet en moyenne deux fois plus de carbone qu’une famille de quatre au Costa Rica. Si toute la population mondiale vivait comme nous, il faudrait plus de cinq planètes pour subvenir à nos besoins.

« Ce n’est pas tant la surpopulation qui m’inquiète, mais la surconsommation, indique Galilée, une étudiante de 18 ans qui s’implique pour le climat. Je me vois mal ajouter un humain dans un monde qui ne fonctionne pas de manière durable. »

Espace publicitaire

Quand l’avenir n’inspire pas confiance

« Dans 50 ans, j’imagine de grandes zones rendues inhabitables par les changements climatiques, dit Alex, 24 ans. Les ressources sont rares. Des millions de personnes doivent fuir leur pays, ce qui entraîne des difficultés économiques, des guerres civiles, un chaos social… Je ne veux pas vivre ce scénario ni l’imposer à un nouvel être humain. »

Alex n’est pas le seul à s’imaginer un futur à la Mad Max. Selon un sondage mené en 2023, 42 % des jeunes du Québec croient faire partie de la dernière génération à vivre confortablement. Aïe…

« Depuis la Deuxième Guerre mondiale, nous croyons que l’avenir sera stable et prospère. Mais la crise climatique vient renverser cette idée », souligne Simon Goulet-Tinaoui, doctorant en psychologie à l’UQAM. Sa thèse porte sur la question de devenir parent ou non en contexte de changements climatiques.

On souhaite offrir à nos enfants une qualité de vie supérieure ou semblable à la nôtre. La possibilité de ne plus pouvoir remplir cette promesse influence la réflexion de parentalité.

Les enfants, moteurs de changement

D’autres voient plutôt les enfants comme une source d’espoir. La parentalité, actuelle ou projetée, peut même insuffler le désir de se battre pour l’environnement.

« Un enfant est une promesse, pense la jeune comédienne et autrice Clémence Roy-Darisse. J’ai longtemps remis en question mon désir de devenir mère à cause des changements climatiques. Finalement, cette réflexion m’a poussée à m’impliquer davantage pour la cause. »

Même si elle n’est pas encore maman, Clémence s’implique dans le mouvement Mères au front, un organisme qui défend l’environnement pour les générations futures. « Plus je m’engage, plus j’ai espoir, et plus la maternité devient une possibilité. Cet amour envers mon éventuel enfant est mon moteur d’action. »

Fonder une famille peut devenir un acte de résistance. Pour Clémence et plusieurs autres, élever son enfant en transmettant des valeurs écologiques est aussi une manière de lutter contre la crise climatique.

Une question de choix

Il n’y a pas si longtemps, fonder une famille était un passage obligé pour la majorité des jeunes adultes. Aujourd’hui, la pression sociale est beaucoup moins forte. Les valeurs et les aspirations individuelles pèsent plus lourd dans la balance.

« Avoir un enfant ou non, ça reste un choix individuel qu’il faut respecter, pense Galilée. Mais c’est important de se questionner pour que ce soit un choix éclairé. »

Vers un monde meilleur?

Au cours de ses recherches, la réflexion de Simon Goulet-Tinaoui a évolué. Pour lui, la question n’est plus « Faut-il avoir des enfants ou pas? » mais plutôt « Comment veut-on que les enfants grandissent, qu’ils soient les nôtres ou non? ».

Parent ou pas, de nouvelles générations se succéderont. Selon le doctorant en psychologie, nous pouvons tous et toutes contribuer à leur créer un avenir inspirant.

Une belle histoire ne se termine pas forcément par : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. » Peut-être devrait-on viser : « La communauté resta soudée et leurs enfants devinrent résilients. »

Espace publicitaire
Espace publicitaire
Espace publicitaire

publiez votre commentaire

dites-nous ce que vous en pensez

 :-)  ;-)  :-D  :-(  :-P  :-o  :-x  :-|  :-?  8-)  8-O  :cry:  :lol:  :roll:  :idea:  :!:  :?:  :oops: 💩 💪 👍

Votre adresse ne sera pas publiée. Les champs ci-dessous sont facultatifs :